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Il faut que tu partes

Belle amie,

Tu es tombée amour

Belle amie,

Tu es tombée amoureuse, pis d’aplomb. Qui peut t’en vouloir? Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe en amour.

Même si ton instinct t’envoyait des signes à ce moment‑là, tu as foncé. Qui peut t’en vouloir? Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe en amour.

Peu à peu, ton sourire s’est effacé.

Peu à peu, ta joie de vivre s’est effacée.

Peu à peu, tu t’es effacée.

D’un œil intérieur, il n’y a rien d’évident, alors tu t’es abandonnée et ça lui rend service.

D’un œil extérieur, tout est si évident, alors je ne t’abandonne pas, parce que ce serait de lui rendre service.

Je sais que je peux te faire du mal avec ma vérité toute crue, mais je continue. Ça fait son bout de chemin dans ton esprit, et c’est la seule chose que je peux réellement faire pour t’aider. Je ne veux pas te faire de mal, mais je n’ai pas le choix parce que j’ai peur pour toi.

Je ne me pardonnerais jamais de voir ta p’tite face aux nouvelles avec, en dessous, écrit : drame conjugal. Alors je persiste…

Il s’est assuré d’être ton oxygène pour que sans lui, tu aies l’impression de ne plus pouvoir respirer. N’oublie jamais que la fille que j’ai connue respirait toute seule, alors je sais que tu n’as pas besoin de lui pour ça.

Tu ne peux le sauver, arrête d’essayer. Mets cette énergie‑là pour te sauver toi‑même.

Tu ne peux l’excuser, arrête d’essayer. Mets cette énergie‑là à être plus douce envers toi‑même.

Alors je te le répète :

Quand tu seras prête, pour ton toi, ton bonheur, ton bien‑être, ta santé mentale et ta sécurité… il faudra que tu partes.

Ce ne sera pas facile, mais je serai là, ta famille sera là et tous les autres qui tiennent à toi aussi. Peu importe le temps que ça te prendra, je serai là.

Surtout, souviens-toi : la lune de miel ne dure jamais bien longtemps.

Je t’aime.

Pour toutes les femmes vivant cette situation, peu importe la forme, vous n’êtes pas seules.

Appelez : Ligne S.O.S. Violence conjugale : 1 800 363-9010

http://www.scf.gouv.qc.ca/violences/violence-conjugale/

 

Eva Staire

 

9-1-1 : Enfant violent

Vous l’avez tellement désiré ! Pendant les neuf mois de la gro

Vous l’avez tellement désiré ! Pendant les neuf mois de la grossesse, peut-être même pendant des années avant de devenir enceinte, vous avez rêvé de cet enfant. Ses joues à croquer. Ses orteils à chatouiller. Ses premiers rires, ses premiers mots. Peut-être, aussi, ses premières crises de larmes. Ça, c’est si vous aviez déjà d’autres enfants autour de vous.

Mais à aucun, aucun moment, vous n’avez imaginé votre enfant devenir violent. Frustré, oui. Impatient, certainement. Désespéré à cause des coliques ou d’un refus, tout à fait. Mais violent ? Non, jamais. Je me suis fait dire par des « spécialistes » que les enfants ne sont pas violents. Agressifs, parfois, mais jamais violents. Je. M’ex. Cuse. Un enfant violent, ça se peut. Ça existe, et pas juste dans les films. Pas juste dans les familles où les enfants sont négligés. Pas juste dans les quartiers miteux. Chez nous. Chez vous. Chez votre meilleur ami ou votre belle-sœur. Peut-être même chez la prof de votre enfant. Vous savez, chez ces personnes qui sont les meilleurs parents du monde, impliqués, encadrants, équilibrés ? Eh ! Oui, eux aussi, ils peuvent avoir un enfant devenu violent.

Plein de raisons peuvent expliquer cette violence (l’ADN, la maladie mentale, des circonstances stressantes, une hypersensibilité sensorielle ou émotive, l’anxiété, des interventions parentales inadéquates, l’insécurité, des troubles de comportement, etc.) Et ces causes doivent être déterminées. Plus on les connaît rapidement, plus on intervient rapidement. On évite que la situation s’envenime encore plus et on limite ainsi les risques (très concrets pour le corps de l’enfant et sur l’entourage, pour l’environnement physique aussi, mais également sur l’estime personnelle, l’aspect social, les relations familiales).

Mais qu’est-ce qu’on fait en attendant d’avoir des réponses ? Parce que vous savez, les listes d’attente pour les services en santé mentale et en psychologie sont longues, autant au privé qu’au public. Donc en attendant de gagner à la loterie de la liste d’attente, voici quelques stratégies :

  • Interdit de jouer à l’autruche. Faire semblant que le problème n’existe pas ou qu’il disparaîtra par magie, ce n’est pas une option. Je vous le garantis-promets-juré-craché, ça va juste empirer. Agissez.
  • Informez-vous. Lisez, parlez à des amis compréhensifs, demandez de l’aide, consultez, pour vous ou pour votre enfant. Parfois, quelqu’un à qui on a osé parler d’une situation préoccupante nous donne une clé (« Moi aussi ça m’est arrivé, voilà ce que j’ai fait qui a fonctionné… »), une référence à laquelle on n’avait pas pensé.Il n’y a pas de place pour une évaluation en psychologie ou en neuropsychologie là maintenant tout de suite ? Allez cogner à la porte du médecin de famille (le sien, le vôtre : vous aussi avez besoin de soutien), du programme d’aide aux employés, d’un nutritionniste qui pourra évaluer les intolérances alimentaires qui pourraient empirer les éclats de caractère ou nuire au sommeil, d’un art-thérapeute (ils font des miracles), d’un naturopathe spécialisé dans le reiki. Peu importe qui vous aidera (de compétent, quand même), ça vous prend de l’aide. Et vous montrerez aussi à votre enfant que vous vous souciez de lui, que vous agissez pour son bien. Il va peut-être vous en vouloir sur le coup, mais à la longue, ça paie.

Ligne Parents : 1 800 361-5085 http://ligneparents.com/

  • Restez en lien constant avec l’équipe de la garderie ou de l’école. La communication est la clé. Ils ont besoin de savoir quand ça dégénère. Vous avez besoin de savoir s’ils remarquent les mêmes comportements dans un contexte différent. Et ne vous en faites pas, si votre enfant agit comme un ange à l’école et comme un démon à la maison, ça ne fait pas de vous de mauvais parents. Souvent, les enfants se laissent aller à leurs émotions fortes à la maison parce qu’ils savent qu’on les aime inconditionnellement. C’est éreintant, mais c’est ça.
  • Contactez le 8-1-1 Info-Social (le médecin peut aussi faire la requête) ou la DPJ (oui, on peut faire un signalement en tant que parent, par exemple si on craint pour la sécurité de notre enfant qui disjoncte, pour la sécurité de nos autres enfants qui subissent les contrecoups des crises ou qui servent de souffre-douleur, ou pour notre propre sécurité). Et n’attendez pas que la troisième Guerre mondiale éclate pour le faire. Il y a plusieurs mois d’attente (bien sûr, ça dépend de l’urgence et du risque de dangerosité), alors mieux vaut vous placer sur les listes avant d’être à boutte du boutte.Les intervenants pourront aussi vous aiguiller vers des services en attendant, vers certaines interventions, des groupes d’entraide, etc. Ils recueilleront certaines informations sur l’enfant et la famille, ce qui permettra de diriger le dossier vers la bonne équipe. Ils vous indiqueront aussi dans combien de temps un intervenant vous rappellera afin d’établir le plan d’action avec vous.

Direction de la protection de la jeunesse : http://sante.gouv.qc.ca/programmes-et-mesures-daide/faire-un-signalement-au-dpj/coordonnees-du-dpj/

8-1-1 Info-Social : http://sante.gouv.qc.ca/systeme-sante-en-bref/info-social-8-1-1/

Que faire si, vraiment, vous êtes à bout, votre enfant est à bout, les ressources accessibles n’aident pas suffisamment et qu’une autre crise violente survient ? Que faire si, encore une fois, votre enfant a détruit la moitié de la maison, menacé de tuer tout le personnel de l’école, cassé les dents de sa sœur ? Hôpital.Je le sais, ça fend le cœur de devoir amener de force son enfant à l’urgence pédopsychiatrique. Mais ça peut le sauver. Ça peut vous sauver.Si la crise s’est calmée un peu, vous pouvez l’amener vous-même (si possible avec un autre adulte dans le véhicule au cas où ça dégénérait). Mais en cas de doute : 9-1-1. Les ambulanciers ou les policiers pourront amener votre chérubin à l’hôpital. Il y sera évalué et un plan d’action sera établi en collaboration avec vous. Il est rare que les enfants, et même les adolescents, soient hospitalisés dans une situation semblable, surtout s’il s’agit d’une première visite. Par contre, les renseignements recueillis seront conservés et serviront à faire progresser le dossier (faire monter votre enfant sur les listes d’attente) au besoin. Cette visite pourra aussi aider le médecin de famille à établir un diagnostic ou une prescription.

Par contre, ne vous servez pas de la carte « police » ou « ambulance » pour faire peur à votre enfant. Si vous sentez que cette étape approche et que la situation continue d’empirer, vous pouvez en parler à votre enfant pendant qu’il est assez calme, pour lui expliquer qu’il s’agit d’un service qui existe pour aider les gens dans des situations qu’ils ne peuvent pas régler eux-mêmes malgré. Si la crise survient, appelez. Sinon, l’enfant considérera cette option comme une simple menace, ne vous croira plus et ses comportements violents risquent de s’aggraver puisque « de toute façon, il n’y a pas de conséquences ».

 

  • Continuez de donner de l’attention positive à votre enfant, et aussi à vos autres enfants et à votre couple. Et à vous-même. Pas facile, quand on est au cœur de la tempête. Mais nécessaire. Il faut continuer de construire le lien même quand on a l’impression qu’il n’y en a plus. L’encadrement et la qualité des relations avec l’enfant le sécurisent même s’il fait tout pour les briser. Ça reviendra.

Ultra-méga -giga-important :

Ne posez aucun geste violent envers votre enfant. Ne frappez pas. Ne poussez pas. Ne secouez pas.

Faites attention à vos paroles. Mais sachez mettre vos limites. Allez chercher de l’aide et n’ayez surtout pas honte.

Je suis la maman de cet enfant-là

Tu sais, le petit gars qui torture ton enfant à la récréation? Qu

Tu sais, le petit gars qui torture ton enfant à la récréation? Qui le traite de pas beau et de pas fin? Celui qui l’intimide (voilà, le mot est lâché!) et lui fait la vie dure? Celui dont tu entends parler presque tous les soirs au retour de l’école, et toujours en négatif? Ce petit gars-là, c’est le mien.

On n’est pas voisins, et heureusement, parce que je me doute que tu dois avoir le goût de venir m’engueuler. Tes griffes de maman tigresse ou de papa lion doivent te démanger. Tu dois tellement avoir le goût de me crier par la tête d’élever mon enfant! Ça doit te brûler les lèvres et les poings de me faire comprendre à quel point tu es écœuré et inquiet. Et je te comprends. Moi aussi, je suis écœurée. Et inquiète, autant pour ton enfant que pour le mien. Pour leurs enseignants, aussi, et pour tout le personnel de l’école. Eux aussi, le subissent, l’endurent, l’encadrent de leur mieux.

J’ai peur, des fois chaque jour, que tu nous colles une poursuite. Parce que mon petit bonhomme, ce ne sont pas seulement ses mots qui sont méchants. Ce sont aussi ses pieds et ses poings, qui frappent, qui lancent, qui explosent, qui brisent et déchirent, qui blessent.

Mais une chose est certaine à 3000 %, c’est que mon enfant, lui, n’est pas méchant. Pas plus que le tien qui se défend ou se soumet. Il dérape. Il disjoncte. Il est violent. Mais pas méchant. Il souffre. Autant que le tien. Mais tu as raison, c’est la souffrance du mien qui fait souffrir le tien. Si tu savais à quel point j’en suis désolée.

Si tu savais, aussi, tout ce qu’on fait pour aider notre enfant à retrouver le droit chemin, celui des jeux partagés, des journées d’école sans billet d’agir majeur, sans expulsion. Tu sais, une journée d’école normale, pendant laquelle mon enfant pourrait apprendre ses calculs et son orthographe au lieu d’être mis en contention.

Si tu savais combien de temps je passe au téléphone et sur Internet pour trouver des spécialistes qui l’évalueront, l’aideront, l’accompagneront. Qui trouveront « le bobo », celui qui déclenche tout le reste. Il est sur toutes les listes d’attente au public, sur toutes les listes d’attente au privé. Il est prioritaire, son cas est classé « urgent ». Mais. Mais, le temps doit faire son temps. Même si je le rentre en ambulance en pédopsychiatrie, les choses prennent du temps. Et du temps, je suis bien d’accord avec toi, on n’en a pas, quand des enfants souffrent. Si tu savais à quel point je m’impatiente, moi aussi, devant ce temps trop lent… Je souffre moi aussi, autant que toi.

Si tu savais combien de temps je passe jour et nuit à me casser le ciboulot pour trouver l’approche miracle, celle qui me permettrait de comprendre ce qui déclenche les crises, ce qui emprisonne mon fils dans des comportements violents répétés et toujours plus graves. Je suis en quête constante de l’intervention qui créera une brèche dans son caractère devenu aigre.

Si tu savais à quel point mon petit bonhomme est un doux, un affectueux, un comique intelligent qui n’a aucune malice. Mais tu ne peux pas le savoir : tout ce que tu entends à son sujet, c’est le sombre, le trop, le mal. J’espère que quelque part en dedans de toi, tu crois qu’il est un enfant bon mais souffrant, et que je suis un bon parent dépassé mais qui agit. Sans cesse. Et je continuerai d’agir tant que mon enfant souffrira et fera souffrir le tien, et bien au-delà. Je ne l’abandonnerai pas.

P.S. J’espère sincèrement que ton enfant reçoit l’accompagnement dont il a besoin à cause du mien, et qu’ils s’en remettront tous les deux.

Eva Staire

Ce matin-là

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Ce matin-là

 

Doux printemps, tu es arrivé. On t’attendait avec impatience depuis plusieurs mois, prétextant que tu nous aiderais à reprendre un peu de la motivation que l’hiver a su nous enlever avec son acharnement exemplaire. J’y ai cru. Et tu es arrivé. Mais cette année, comme depuis les deux dernières, ce que j’espérais éviter est à nouveau arrivé.

 

Mon enfant, mon sang, ma raison de vivre. Je sais que tu es fatigué, que l’année scolaire tire à sa fin. Tes activités sportives sont moins excitantes qu’elles l’étaient au début de l’année. Tu es fatigué. Tu es épuisé. Tu me répètes que non, mais mon cœur le sait pourtant si bien. Je le sais parce que tu changes. Comme à chaque début de printemps. On peut mettre le blâme sur plein de facteurs différents. Ton déficit d’attention, ton hyperactivité, ton opposition, tes difficultés scolaires et j’en passe. Mais moi, ta maman, je le sais que oui, cela en fait partie, mais que ce n’est pas tout. J’anticipe depuis deux ans cette période‑ci de l’année. J’anticipe tes comportements violents, tes rages, tes colères démesurées. Alors que le soleil fait du bien à la majorité des gens, toi, ton petit corps réagit différemment.

 

J’ai mal ce matin. Tu as décidé, sous un prétexte encore inconnu à mes yeux, d’exercer une certaine forme d’autorité dans la maison. Tu as décidé que tu devais gérer la famille, faire ce que bon te semblait quand tu le désirais. Parce que je suis l’adulte et toi l’enfant, je dois continuer à exercer mon autorité. Mon autorité, ma conscience, mon amour pour toi ne te donnent en aucun cas la chance de me frapper, de m’insulter et encore moins de me blesser. J’ai souvent acquiescé à tes excuses en me disant que c’était un cas isolé. J’espérais que cela ne se reproduirait plus.

 

Puis, ce matin, je porte des marques sur mon corps. Des marques de violence qu’un enfant, que MON enfant, m’a laissées avant de partir à l’école. Ta venue au monde m’en a pourtant laissé plusieurs visibles et celles-ci ne m’importunent pas du tout. En revanche, celles dont je parle aujourd’hui ont une tout autre portée. Elles me font mal à l’âme. Mon cœur se tord et je ne peux m’empêcher de pleurer. Je ne peux accepter que tu me blesses. Je ne peux accepter ton manque de respect. Je ne peux accepter la terreur que tu sèmes dans la famille. Je ne peux accepter tes excuses, comme on essuie un dégât sur le plancher.

 

Ce matin‑là, j’ai dû prendre une décision. J’ai dû faire plusieurs appels à différents organismes afin de trouver des solutions, temporaires ou permanentes. Ne cessant de pleurer, je me demande encore si c’est la bonne chose que j’ai faite. Je t’aime tellement et je ne veux tellement pas que mes actions bouleversent ta vie. Mais mon amour, tu as besoin d’aide. Tu as tellement de belles choses à accomplir devant toi. Ta rage, ta haine, il faut les ranger. Il faut les évacuer, mais surtout apprendre à les gérer. Peu importe les gens que la vie mettra sur ta route, les échecs que tu rencontreras, les réussites que tu obtiendras, tu dois garder la tête haute et persévérer. Je le sais et toi-même, tu sais que tu es capable d’accomplir de bien belles et grandes choses.

 

Ce matin, je n’arrive pas à travailler. Je n’arrive même pas à me concentrer. J’ai surtout besoin d’évacuer ma peine à ma manière. Vivre avec un enfant violent, c’est inquiétant. Ce l’est pour nous les parents, mais aussi pour toi, pour ton avenir, pour ce que la vie te réserve. Accepte l’aide que nous voulons t’offrir, aide-toi à devenir une meilleure personne. Apprends. Souris à la vie.

 

Avec tout l’amour que j’ai pour toi, avec toute la reconnaissance que j’ai de t’avoir dans ma vie, unissons‑nous pour contrer tes petits démons.

 

Je t’aime

 

Eva Staire

La claque

C’est parti tout seul. Ma main a claqué sur ta joue dans un élan

C’est parti tout seul. Ma main a claqué sur ta joue dans un élan de frustration. Maintenant, nous pleurons tous les deux. Toi, parce que tu as mal à ton visage et à ton âme. Moi, parce que je me sens la plus nulle des mères de ce monde.

Je voudrais tellement remonter le temps. Je me sens désespérée et désolée. Je n’oublierai jamais ton regard : un mélange de surprise et de terreur… Je me souviendrai toute ma vie de ton cri et de ta détresse. Une claque, ça ne sert à rien d’autre que de détruire ce lien trop fragile entre toi et moi.

Je m’excuse… de toute mon âme… de tout mon être. Tu ne méritais pas ça. Personne ne mérite ça. Je suis juste… humaine. J’étais dans une impasse. Je ne trouvais pas de solution ni d’issue face à ton insolence. Je ne savais plus quoi faire. Et BANG. Elle a volé…

Elle nous a figé tous les deux dans un espace-temps en suspens… le point de non‑retour… quand tu es allé trop loin mais que… tu ne peux plus revenir en arrière.

Je me sens si nulle. J’imagine ce que tu peux ressentir, car moi aussi, j’en ai reçu des claques : c’est humiliant, insultant et douloureux. La joue chauffe longtemps, trop longtemps… puis la tristesse laisse place à la colère et un petit bout de cœur est arraché pour toujours…

Je t’aime mon enfant, ne doute jamais de ça. Pardonne-moi quand tu en auras la force. Je suis là, tout près… et je pleure avec toi.

Un enfant, une personne que tu aimes, un être humain, ne mérite jamais de se faire frapper. Quelle qu’en soit la raison, la violence n’est JAMAIS une solution.

Gwendoline Duchaine

 

La promesse

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J’aimerais vous dire que cette histoire est une histoire. Mais non. C’est mon histoire vraie. 

 

Tu fais quoi quand le désespoir te frappe et que tu réalises que même avec un enfant d’à peine un mois, son comportement ne changera pas et que tu sors en catastrophe de la maison avec ton enfant contre toi, te retrouvant dans la rue à marcher de long en large, le corps et la tête en panique parce que tu réalises que tu veux fuir, mais qu’à force de céder à l’abus financier, tu es sans le sou, que tu n’as plus de travail, pas de voiture, que tu es isolée et complètement coupée du monde extérieur et que tu gardes en secret la réalité dans laquelle tu vis bien enfouie au fond de toi et que tu t’es habituée à rester dans le silence…

Eh bien, tu commences par regarder cette enfant qui vient de naître et tu constates toute la vulnérabilité de ce petit être complètement à la merci de son monde extérieur. Tu en fais ton levier, tu te rappelles ce privilège et tu prends l’engagement : «Jamais tu ne vivras ce que j’ai vécu. Tant que je serai ta mère, jamais je ne te laisserai vivre dans la violence. Je te promets de tout mon être de t’offrir un milieu sain et sécuritaire dans lequel tu pourras t’épanouir et apprendre à briller de tous tes feux.»  Tu ne sais pas comment faire, mais tu lui promets et tu ne perds pas de vue cette promesse…

Mais tu fais quoi quand, malgré la promesse, graduellement, insidieusement, le sentiment d’impuissance prend toute la place à cause de ses manipulations perverses, de son harcèlement en continu, de ses «Crisse de pas bonne» quotidiens et de ses menaces de «Crisse ton camp et je te fais la peau»… et tout ce que tu sembles savoir faire est de garder le silence parce que tu sais que c’est la seule façon de contrôler les crises, et que tu t’étends sur le lit et le laisses faire ce qu’il a à faire… Quand ton estime part en fumée, mais qu’heureusement, après ces sacrifices de toi-même vient un moment de répit… alors tu t’en sers et tu te souviens de la promesse que tu as faite à cette enfant. Tu choisis donc de faire un petit «grand» pas…

Tu commences à en parler… Mais pas à n’importe qui, tu veux te protéger et tu veux agir avec délicatesse. Tu en parles donc spontanément à l’infirmière du CLSC qui est venue te rendre visite un lendemain de crise. Tu craques, tu baisses les armes et la peur dans les yeux, tu lui dis : «J’ai besoin d’aide.»

Avec courage, tu suis les directions qui te sont proposées, mais le cœur serré parce que la DPJ intervient et tu as peur de perdre ton enfant. Tu es déstabilisée et tu n’es pas convaincue à cause du lavage de cerveau que tu as reçu pendant des années qui t’a fait normaliser la violence et t’a coupée de ton senti. Tu collabores quand même, alors tu sors de la maison avec ton bébé naissant, tu écoutes les intervenants t’éduquer sur la violence conjugale, tu vas aux rencontres hebdomadaires qui te sont imposées et, malgré ces efforts, il réussit avec son charisme légendaire à te convaincre et à te faire entendre ses promesses à travers ses menaces que tu n’entends plus. Tu retournes à la maison parce que cette fois-ci, tu as une impression d’être en pleine possession de tes moyens et tu te crois capable de transformer tout cela en un portrait de famille harmonieux. Tu as l’impression de remplir ta promesse…

Mais tu fais quoi quand tu réalises que ses promesses à lui n’étaient qu’un feu de paille et que tu réalises que rien n’a changé à part son comportement qui est devenu de plus en plus insidieux, jusqu’à te faire douter de ta santé mentale, et que tu fais le constat amer que tu n’es plus que l’ombre de toi-même… Quand tu te tapes dessus, tu as honte, tu veux te cacher, tu vois ton existence s’effriter et tu veux disparaître, mais tu entends ton enfant pleurer au loin et tu te souviens de ta promesse…

Alors tu choisis la vie, sauf que maintenant, tu te sens mourir et tu as peur de mourir en quittant cette relation. Mourir en dedans, mourir en dehors… Eh bien, tu te dis que tant qu’à mourir, aussi bien tenter ta chance de partir. Alors tu décides, intérieurement, secrètement, de quitter coûte que coûte cette relation. Tu tiens à remplir cette promesse, tu te prépares et tu uses de stratagèmes.

Sauf que dans ce nouveau choix, tu es confuse; la peur est omniprésente, c’est le néant total, tu te sens épuisée et impuissante, mais tu es responsable de cette enfant. C’est donc non négociable, tu te rappelles ta promesse.

Alors, sans trop savoir comment, tu cesses de te battre, tu te regardes en pleine face et tu acceptes le constat de ta vie. Tu entreprends donc le plus grand voyage que tu aies connu : tu sautes dans ce vide en toi et tu réalises tout ce manque d’amour présent en toi, pour toi. Tu rencontres tes regrets, tes déceptions, tes culpabilités. Tu pleures, tu piques tes crises, ça fait mal, mais au moins, tu t’entends et ça, ça te fait le plus grand bien.

Petit à petit, cet espace se comble avec l’amour que tu commences à te donner. Un sentiment de confiance s’installe et tu arrives à choisir la foi au-delà du doute qui persiste. Tu continues à plonger en toi, à écouter et considérer ce que tu ressens en toi, et tu commences à agir en fonction de ce qui se passe en toi uniquement. Tu apprends, discrètement, à prendre soin de toi. Tu décides enfin de te montrer loyale envers ce qui est important pour toi et graduellement, tu agis en conséquence et la vie te montre le chemin, fluidement, jusqu’au jour «J».

Ce jour-là, à force de te choisir et sans rien forcer, le courage arrive et tu lui annonces que tu pars. Tu ne le quittes pas, tu pars parce que tu te choisis et tu sens que c’est ce que tu as à faire. Mais ça, lui, il ne le comprend pas. Ses réponses donnent froid dans le dos et son comportement te foudroie et te traumatise, mais tu gardes le focus parce que maintenant, tu sais qu’en maintenant le cap sur ce qui se passe en toi, l’erreur est impossible. Parce que tu t’es rapprochée de ton senti, tu es capable de ressentir l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête qui ne permet aucune «erreur émotionnelle» et tu ressens le danger. Alors tu agis en conséquence.

Tu tends donc la main pour que l’on t’aide. L’artillerie au complet se présente : policiers, intervenants, DPJ, travailleuses sociales, avocat, maison d’hébergement, CAVAC, IVAC, psychologue, psychiatre, inconnues, amis et nouveaux amis, tout se fait intensément, rapidement, mais fluidement, avec une synchronicité déconcertante. Tu t’es choisie, tu apprends donc que lorsque l’on se choisit, la vie répond à ton appel.  

Deux ans après ta séparation, après t’être retrouvée dans la rue avec ta fille, ton chien et quelques bagages, sans travail et en état de stress post-traumatique, tu fais les merveilleux constats que ce chemin à travers la violence t’a apportés comme apprentissage : tu as appris que tu as aussi droit au bonheur, que tu as le droit de réaliser tes rêves et que c’est possible. Tu as maintenant en toi une foi si grande que le Tout Possible est à ta porte, attendant que tu lui demandes tout ce que tu veux…

Tu touches maintenant à ta liberté d’être et ça, personne ne pourra te l’enlever parce que tu as découvert l’antidote à la violence : l’amour de soi. Plus jamais tu ne te soumettras ou ne te rendras victime de la violence, parce que par amour pour toi, tu sauras prendre soin de toi et faire les choix appropriés. Dans un contexte que tu croyais hermétique à l’amour et où tu te croyais indigne d’être aimée, eh bien, l’amour a toujours été présent et il a réussi à percer les murs de la peur et du doute comme le soleil qui brille derrière les nuages et qui finit toujours par réapparaitre. Mais t’en souviens-tu maintenant? Regarde ta fille et vois : tu as tenu promesse…

B<3

 

Ton bonheur

Ton bonheur

Toi mon amie, tu as

Ton bonheur

Toi mon amie, tu as été en couple un bon bout de temps. Vous vous êtes aimés, mais pas toujours simplement. Vous avez ensemble fait la plus belle chose qui soit : un bébé merveilleux. Mais au fil du temps, il t’a dénigrée et à la place du coup de foudre, tu as essuyé des volées verbales de colères.

Tu as essayé mon amie, encore et encore. Tu lui as intérieurement trouvé des excuses, pour expliquer ses éclats. Tu as même à certains moments cru qu’il en avait pleinement le droit car LUI, il avait raison.

Mais ton grand cœur souffrait de cette violence psychologique que tu subissais. Tu ne pensais pas que ça en était. Mais oui mon amie, tu étais violentée par celui qui disait t’aimer.

Tu as bien pleuré, sans jamais vraiment l’afficher. Te bornant à sourire pour masquer que tu étais en réalité en train de souffrir. Tu prenais soin de votre enfant, t’attachant à lui. Croyant que ce qui était mieux pour ce petit être était d’avoir ses deux parents réunis. Tu croyais qu’être mal accompagné était mieux qu’être seule.

Puis, tu as compris. Tu as réalisé que ça ne pouvait pas continuer. Que cette famille n’en était pas une. Que ses agissements vous brimaient et te brisaient. Sont arrivés bien des sentiments, et surtout la peur. La peur que ton enfant subisse aussi ses tempêtes un jour. Après tout, il disait t’aimer et t’en châtiait. Pourquoi s’empêcherait-il un jour d’en faire autant avec un, son enfant ?

ÇA SUFFISAIT !

Tu as discuté, encore et encore. Tu as reculé puis avancé. Finalement, tu as fini par définitivement le quitter. Nonobstant ses cris, ses menaces et ses colères, tu as en toi tous regrets fait taire. Soulagement, malgré les incertitudes. Encore des discussions sur qui fera quoi et de quelle façon. Mais tu as tenu bon.

Aujourd’hui, mon amie, tu as surmonté le départ, le retour à une certaine solitude. Tu t’es reconstruite petit à petit. Puis, tu l’as rencontré : LUI.

Lui, il te fait sourire, il te trouve belle, talentueuse et il est FIER de toi.

Lui, il t’encourage à te surpasser, te suit même à coup de foulées.

Lui, il apprend à t’aimer avec tes fantômes en te laissant ce sentiment de légèreté.

Lui, il n’est pas compliqué.

Il ne crie pas, ne menace pas, ne rabaisse pas… Il t’aime, tout simplement.

Il t’arrive encore de te demander pourquoi.

Pourquoi la vie te l’a offert comme cela, pourquoi autant de bons sentiments…

Mon amie, ton bonheur est important. C’est aussi simple que cela !

Mon amie, ton cœur si grand n’en mérite pas moins, crois-moi !

Bien que l’autre, celui d’avant, cherche parfois à t’atteindre, tu sais maintenant que sa hargne contre toi ne peut plus déteindre. Tu es FORTE.

TU ES BELLE

TU ES TALENTUEUSE

TU ES POUR CE NOUVEL AMOUREUX : CE QU’IL Y A DE MIEUX.

Ton bonheur fait plaisir à voir.

Ton bonheur, regarde-le dans un miroir.

Car tu vas l’y voir !

Tu verras dans ses grands yeux charbonneux une joie qui n’y était pas avant.

Tu verras dans ce sourire un peu hésitant une spontanéité de toute beauté.

Tu pourras même percevoir dans les grains mêmes de ta peau une lumière captée, gratifiant ta beauté.

Ton bonheur mon amie est palpable sur les images que je vois. Ton sourire plus épanoui que je ne l’ai jamais vu. Je suis HEUREUSE que tu le sois. Tu le mérites, crois-moi !

Vis mon amie !

Pleinement, chaque instant t’est dû. Le passé n’est plus.

Tu as tant de projets dont tu m’as parlé avec passion. Fonce : tu as tant à réaliser ! Je crois en toi, je sais que tu réussiras.

Regarde aussi ce petit être qui s’épanouit depuis que tu es partie loin des cris.

À tes côtés, marchant fièrement, main dans la main, regards complices.

Vous êtes sur cette liste où le bonheur vous sied si bien !

Sois heureuse mon amie, ne t’en fais pas, la vie s’est dit : c’est maintenant pour toi.

Simplement Ghislaine.

 

La manipulation

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J’avais dix-huit ans quand je l’ai rencontré dans un cours au cégep. C’est lui qui m’a approchée, car moi, je n’aurais jamais osé le faire, beaucoup trop gênée. De fil en aiguille, nous avons commencé à sortir ensemble : le début de sept années et demie d’enfer.

 

Au début, tout se passait bien, nous sortions tous les weekends au centre-ville, il faisait attention à moi. Peu à peu, les choses ont commencé à changer. Il ne s’entendait plus avec ma famille et ne voulait pas m’accompagner dans les événements où ils seraient présents. J’étais constamment prise entre ma famille et lui et j’ai commencé à m’éloigner peu à peu de ma famille.

 

Les sorties étaient toujours avec ses amis à lui, dans les endroits qu’eux aimaient et à discuter autour d’un pichet de bière de sujets qui les intéressaient. J’étais la seule fille présente, car ses amis n’avaient pas de copines; donc impossible de me rabattre sur une présence féminine pour jaser d’autre chose que d’informatique ou de voitures. Tous les vendredis soir, il m’attendait à la sortie de mon travail, ses amis dans la voiture, pour aller jouer au billard et passer le reste de la soirée dans un pub. Chaque fois, j’étais comme un trophée qu’on trimbalait partout : on ne me laissait pas jouer au billard et on ne m’adressait pas la parole. Je buvais tranquillement ma bière et je l’étirais sur toute la soirée parce que je n’aimais pas vraiment cela, je regardais ce qui se passait autour et j’attendais le moment de partir.

 

Un soir au pub, notre serveur m’a apporté un verre de sangria. Quelqu’un avait manifestement vu que la bière et moi n’étions pas amies plus qu’il ne le faut. Aucune idée de la provenance du verre. Par contre, mon copain, lui, n’avait pas apprécié du tout le geste. Il a alors commencé à suspecter un de ses amis de m’avoir envoyé ce verre. Au cours des mois qui ont suivi, il les a testés pour voir leur intérêt envers moi et dès qu’ils étaient gentils avec moi, il cessait de leur parler et de les voir. À un point tel que les seuls amis restants étaient ceux qui étaient musiciens comme lui et nos sorties consistaient uniquement à se rendre au local où ils pratiquaient. Même à cela, j’attirais encore trop l’attention à son goût.

 

Nous allions au restaurant, souvent, de plus en plus souvent. La facture me revenait toujours, car j’avais un bon emploi et lui était toujours aux études. J’ai commencé à accumuler les kilos à force d’être toujours au restaurant. Il l’a bien évidemment remarqué et a commencé à me traiter différemment. Il a commencé à me rabaisser, à critiquer mes choix vestimentaires, à critiquer les collègues de travail avec qui je tentais de me lier d’amitié, de me dire que je dépensais beaucoup trop pour moi et jamais assez pour lui, donc qu’il ne devait pas compter tant que ça à mes yeux. La violence psychologique et la manipulation venaient de s’installer dans ma vie. La violence physique a suivi peu de temps après. Jamais rien pour laisser des marques apparentes, mais assez pour me faire craindre d’exprimer mon désaccord avec ses propos ou avec ses agissements.

 

Lorsque j’ai commencé cette relation, comme toutes les jeunes filles de dix-huit ans, je rêvais de me marier et de fonder une famille. Lui ne voulait rien de tout cela et il me l’avait fait savoir. J’aurais dû le quitter à ce moment, après tout, nous n’espérions pas les mêmes choses de la vie! Je suis restée. Il était musicien, il m’avait composé une chanson. Je croyais naïvement qu’en avançant dans la vie, nous finirions par vouloir les mêmes choses. J’ai eu tort. Quand j’ai commencé cette relation, je pesais 117 livres, j’en suis sortie à 207 livres. Quand je l’ai laissé, il m’a reproché de ne pas avoir pris soin de ma personne pour expliquer son désintérêt envers moi, mais m’a dit qu’il voulait maintenant qu’on se marie et qu’on ait enfants pour tenter de me retenir. Je n’ai pas été dupe, j’ai continué mon chemin sans me retourner.

 

Près de vingt ans après la fin de cette relation, j’ai encore le réflexe de garder des choses pour moi de peur de me faire rabaisser et peut-être de me faire gifler. J’ai toujours de la difficulté à m’ouvrir, je garde toujours trop de choses en moi.

 

Par contre, près de vingt ans après la fin de cette relation, je regarde en arrière et je vois ce que j’ai fait de positif avec les séquelles : j’ai été mannequin taille plus durant quelques années, je n’ai pas honte de mon corps ou de l’image que je projette et j’ai confiance en moi (la plupart du temps). Il a cru me briser et qu’avec un surpoids, je n’allais plus attirer le regard des autres autrement qu’avec dégoût; j’ai pu prouver le contraire. Aujourd’hui, en 2017, je peux enfin dire que je suis fière de ce que je suis, de ce que je suis devenue, de ce que j’ai accompli et plus jamais quelqu’un ne me fera croire que je suis inférieure!

 

 

Annie St-Onge

Doit-on parler du terrorisme aux enfants?

Personne n’est insensible aux actes d’horreur et de barbaries qu

Personne n’est insensible aux actes d’horreur et de barbaries qui sévissent aux quatre coins du globe, et parfois bien plus proche qu’on ne le croit. Et les enfants dans tout ça?! Doit-on leur dire la vérité, leur raconter avec des mots d’enfants les maux de notre siècle? Oui, le 21e est marqué, touché de plein fouet par une vague d’actes terroristes.

Les enfants sont des éponges, même en voulant les protéger, les préserver, ils absorbent un flux incessant d’informations. Pourquoi leur mentir? Cela ne ferait que stimuler leur imaginaire. La réalité est là et nous devons la confronter. Il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais plutôt d’être conscient, averti, prévenant et de faire de la sensibilisation.

D’abord, qu’est-ce que le terrorisme? Il faut savoir que le terrorisme n’a pas de couleur, de religion, de sexe, d’âge, de frontière ou de nom. Il peut s’agir d’un individu isolé ou d’une organisation complexe. Il fait des victimes au hasard, dans le seul but de créer un climat d’insécurité. Le terrorisme, c’est le mal, la terreur, c’est de vouloir imposer des idéologies (politiques, religieuses) par la force et la violence.

De plus en plus d’écoles commencent à faire des exercices de confinement, exactement comme les exercices d’évacuation. Ma fille de cinq ans m’a expliqué qu’ils devaient se cacher si des méchants entraient dans l’école. Mais qui sont ces méchants? Les enfants savent différencier le mal et le bien. Les contes, histoires et autres fables sont peuplés de monstres, de personnages dangereux, de bêtes féroces. Ils savent aussi qu’il y a des méchants dans la vie réelle. Il n’est pas question de mettre un visage ou un nom sur ces méchants, juste de leur expliquer qu’ils existent, bien malgré nous. Ils doivent être conscients du danger, pour développer des réflexes, comme se cacher et fuir, être attentifs aux sons, aux bruits de détonation. Il faut aussi les rassurer sur la présence des forces de l’ordre dans les lieux publics. La police, l’armée sont là pour nous protéger, ils guettent et assurent notre sécurité.

Je me suis assise avec ma fille en lui demandant pourquoi les méchants font des choses méchantes, comme tuer des gens, des innocents. Ils le font au nom d’une idéologie, d’une idée, qu’ils veulent imposer aux autres. Pour reprendre l’exercice de confinement en milieu scolaire, j’ai cherché un triste exemple qui s’est produit dans une école. Un homme est entré dans une école, persuadé, et croyant fermement que les femmes n’avaient pas leur place là. Le terrorisme, c’est de vouloir imposer des idées, de les imposer par la force, la violence. J’ai aussi parlé de Columbine, car là encore, il s’agit d’un acte de terrorisme au nom d’un malaise et d’une haine féroce envers des camarades. Nous devons avertir nos enfants pour qu’ils soient aussi capables de reconnaître des signes, des indices de la violence : si on voit un enfant isolé ou maltraité à l’école, il faut le dire. Des paroles violentes, des gestes : il faut agir.

À voir cette publicité de prévention : https://www.youtube.com/watch?v=A8syQeFtBKc

Notre tâche est de protéger les enfants en leur donnant des directives claires et des outils en cas d’attaques, mais aussi de leur faire comprendre les agissements de ce monde pour ne plus jamais les perpétrer…

 

Mon tigre

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Il se déchaîne sans prévenir, sort d’un coup, sans aucun contrôle, et saccage tout. Il prend les rênes, utilise mon corps, ma voix, mes gestes… de façon si violente. Il attend sagement sans bruit et sans prévenir : il explose. Il fait du mal à ceux que j’aime, il est destructeur. Il fait partie de moi. Il est en moi. Il est moi.

J’essaie de le dompter, vainement. J’essaie de l’épuiser, vainement. Il est tellement en colère. Incontrôlable.

Et d’une certaine façon, il est aussi mon moteur, mon énergie, ma passion, celui qui m’aide à me surpasser, à atteindre des sommets, à faire des exploits que je ne me soupçonnais pas être capable de faire.

Je l’appelle mon tigre. J’en ai besoin, mais il me déchire. Il a toujours été là. Aussi loin que je me souvienne, il était là. Il surgissait comme ça, sautait au visage des autres, les agressait, m’enlevant le peu d’estime de moi que je m’efforçais d’avoir.
J’ai même essayé de le détruire, de me détruire… mais il est trop puissant et il ne m’a pas laissée faire. Il a une rage de vie incroyable, bien plus forte que les maux que je lui infligeais.

Quand la vie a poussé en moi, il s’est un peu tassé, mais il était toujours là, aux aguets, prêt à surgir n’importe quand.

Il n’a pas de pitié : il détruit. J’essaie de le calmer, de l’amadouer, de le fatiguer, mais il reste tellement sauvage !

J’ai même essayé de l’accepter, de le regarder en face, de le remercier. Mais il est traître et n’a aucune reconnaissance.

Il fait peur. Jusqu’où est-il capable d’aller? Qu’est-il capable de faire? Dois-je avoir recours à la médecine pour l’endormir pour toujours, au risque de perdre une partie de moi? Avant que les dégâts soient irréparables… L’amour et le pardon sont-ils plus forts que lui? Avons-nous tous une bête féroce en nous qui nous surprend? Est-ce cela qui fait de nous des meurtriers, des agresseurs, des violeurs? Est-ce dans la nature humaine d’avoir du fauve en soi?

Mon tigre est bien là, j’ai beau essayer de l’oublier, il refait surface et ravage tout sur son passage. Je me montre calme et forte, mais en dedans, c’est tumultueux.

Est-ce pour cela que l’humain tombe dans la drogue ou l’alcool? Pour essayer de geler son tigre? Quelles sont mes options pour le contrôler, l’utiliser sans le laisser déborder ni prendre le contrôle? La sagesse de l’âge finira-t-elle par m’apporter ces réponses?

Chaque jour, il sommeille en moi… Il me fait terriblement peur, mais je ne peux m’empêcher de l’aimer. Chaque jour, je le défoule ; il en a besoin, sinon il surgit. Chaque jour, il me donne l’énergie de me surpasser. Je réalise que de plus en plus souvent, je suis capable de le laisser sortir quand je le décide, et sûrement qu’à ce moment-là, les gens autour pensent que je suis folle. Nous le sommes tous, non? Je lui donne un peu de liberté, et je le renferme en moi. Chaque soir, je le remercie de ne pas être sorti sans mon accord. Il sommeille… Il est mon essence et ma flamme. Je l’attise en essayant qu’il ne brûle pas. Chaque soir, je prie pour qu’il ne s’enflamme pas…

Si vous regardez mes yeux, de tout près, regardez bien… Vous verrez cette lumière intense qui s’embrase en moi. Il est là, puissant, fort et fier.

 

Petit papillon

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Pour la première fois, j’ai pleuré devant ma fille.

Avant, je jugeais. Je jugeais pour ne pas essayer de comprendre, c’était plus facile. Je me faisais une carapace en pensant que rien ne m’atteindrait. Dans le silence, dans le noir, je pleurais.

Un jour, ma vie s’est transformée en cauchemar. On t’a fait mal, on t’a enlevée à moi. Toi, si petite, tu n’avais que dix semaines. Dix semaines de vie et tu connaissais maintenant l’enfer. Quelqu’un de proche s’en est pris à toi. Malgré la rage qui m’habitait, je me montrais forte. Dans le silence, dans le noir, je pleurais.

Un jour, on m’a emmenée dans une pièce froide avec un inconnu. Un inconnu qui ne cessait de me répéter les mêmes questions. Me rongeant le peu d’ongles qu’il me restait, je ne comprenais pas ce qui arrivait. Après plusieurs heures à me poser mille et une questions, j’ai lu par-dessus son épaule cette phrase qu’aucune mère, aucune blonde ne veut lire : «*** avoue avoir commis v-faits contre ****** (ma fille).»

Ce policier m’a laissée dans le silence. J’ai fermé les yeux. Encore une fois dans le noir, je pleurais. J’étais confrontée à une réalité, pire que tous les scénarios du monde.
Ma fille avait été violentée et moi, je n’avais pas vu, je n’avais pas su entendre sa douleur.

Maintenant grande fille, tu as presque six ans. Depuis plus de cinq ans et demi, je rage dans mon coin. J’essaie de voir le positif de cette histoire d’horreur, même si honnêtement, j’ai beaucoup de difficulté à y arriver.

Grâce à certaines personnes si importantes à mes yeux, je réussis à garder la tête hors de l’eau. Chaque jour, vivre sans ta présence à mes côtés est l’équivalent d’un coup de couteau au cœur. J’ai beau te serrer dans mes bras quand je te vois, j’ai toujours la sensation que tu m’en veux. De ne pas t’avoir entendue pleurer pendant ces moments de calvaires que tu as vécus.

Je ne suis pas la mère que tu voudrais, mais je sais qu’un jour tu comprendras.
Je t’aime, mon bébé.