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Les poussières de liberté — Texte : Sophie Barnabé

Je me rappelle mes souvenirs d’enfance. Les étés parsemés de poussières de liberté. Tu t’en

Je me rappelle mes souvenirs d’enfance. Les étés parsemés de poussières de liberté. Tu t’en souviens ? Le plaisir d’une journée de vacances se mesurait à la noirceur des pieds, au contour de la bouche tachée par le Mr. Freeze à l’orange et à l’intensité de la démarcation rouge/blanc sur la peau.

 

Cet été, je sais d’avance que je devrais répéter mille fois à mes enfants d’aller jouer dehors… Pourquoi ? Pourquoi ne sont-ils pas attirés par la chaleur du soleil sur leur peau, le souffle du vent dans leurs cheveux ? Les jambes allongées sur le nouveau sofa sous la pergola, je me demande ce qui manque à leur bonheur. Je regarde autour de moi, tout est là. Notre cour Pinterest est magnifique…

 

L’été » 85… Que j’en ai fait des bouquets de pissenlits ! Je passais de longues minutes les pieds sur la première marche de la piscine et j’observais la peau de mes orteils devenir ratatinée. Ça. Je faisais juste ça…

 

Je mangeais des Revello qui fondaient le long de mes avant-bras et je m’essuyais dans l’herbe. Ça restait collant. Longtemps.

 

En jasant avec mes copines, je faisais glisser des bouts de gazon entre mes dents et pour passer le temps, je mettais mes mains en triangle pour emprisonner des fourmis. Que j’en ai fait des vœux à la vue de trèfles à quatre feuilles !

 

Le temps filait lentement. L’été, l’agenda n’existait pas…

 

J’ai encore des cicatrices laissées par les roches qui m’ont brûlé les mains et les genoux les quelques fois où j’ai fait des jumps sans casque avec mes patins à quatre roues. Je me souviens d’avoir marché deux heures, toute seule avec mon vélo, parce que la chaîne avait débarqué. La grosse misère ! J’ai eu les orteils en sang après avoir perdu ma gougoune tombée du pédalier… Orgueilleuse, pas une larme, mais la gorge nouée.

 

J’ai rencontré mon premier p’tit chum au parc. J’avais osé lui parler même si c’était un étranger. Mon premier french… Une vraie machine à laver !

 

Les vacances me donnaient l’envie d’oser, de tester, d’expérimenter. Je devais prendre des initiatives et il fallait que j’use de débrouillardise.

 

Quand j’y pense, je comprends un peu pourquoi je dois me battre avec mes enfants pour qu’ils sortent jouer dehors. Peut-être qu’il n’y a que dans mes souvenirs que l’été est si cool… Regarde autour de toi. Vois-tu la même chose que moi ?

 

À commencer par la piscine… Mes enfants doivent demander la clé pour aller se tremper les pieds, un petit geste qui, pour moi, était spontané.

 

Souffler sur les pissenlits ou chercher des trèfles à quatre feuilles… J’observe à gauche, puis à droite… Rien de tout ça. C’est vrai que sur un gazon digne d’un circuit de la PGA, ça ne pousse pas.

 

Et les fourmis capturées ? Oublie ça, je les ai fait exterminer !

 

Déguster un bon Revello. D’accord, mais pas sous la pergola au risque de tacher les coussins du nouveau sofa. Et si surgissait l’envie de se faire une cabane avec les chaises de jardin ? Jamais ! Ça pourrait défoncer le rotin !

 

Pas question non plus de mâchouiller de l’herbe et les Popsicle trop sucrés, je les ai sagement remplacés par des yogourts glacés. Ceux qui ont le même goût que les yogourts que j’ai mis dans les lunchs toute l’année. Ouin… mais c’est pour leur bien.

 

Puis, quand mes enfants désirent enfin sortir, je leur impose de mettre leur casque pour faire du vélo même quand il fait hyper chaud. Porter des protecteurs pour faire du roller, se badigeonner de crème solaire aux deux heures pour éviter de brûler et de chasse-moustiques pour ne pas que ça pique ! C’est plate en bibitte !

 

Les enfants doivent traîner leur bouteille d’eau pour éviter de boire au boyau, et sans téléphone, ils doivent lâcher leur partie de basket et revenir aux heures pour m’informer qu’ils n’ont pas été kidnappés.

 

Au parc, il n’y a plus d’enfants et si par miracle il y en a un, je répète aux miens d’être prudents parce qu’il pourrait être méchant. Bon… j’exagère un peu. Pas tant que ça…

 

Au fond, tout ce qui me fait craindre le pire pour mes enfants aujourd’hui me faisait tellement sentir en vie à l’époque. Je réalise que les étés de mon enfance étaient spéciaux parce qu’ils étaient propulsés par des élans de créativité, parfois freinés par excès de témérité. Sans agenda ni trop d’encadrement, ils étaient tout le contraire de la routine de l’année scolaire.

 

Les temps ont changé. Pour le mieux ? Pour le pire ? Le spa, la piscine, la pergola. Travailler comme des fous pour pouvoir se payer tout ça… Pour qui ? Pourquoi ? Cet été, dans notre magnifique cour aseptisée, mes enfants, je promets de vous souffler des poussières de liberté.

 

Sophie Barnabé

Les commentaires… Texte : Marilou Savard

Il est évident qu’on ne peut pas mettre tout sur le dos de la pan

Il est évident qu’on ne peut pas mettre tout sur le dos de la pandémie, mais une chose est certaine : c’est que comme nous sommes limités en activités, on passe beaucoup plus de temps sur les réseaux sociaux.
C’est à cet endroit que l’on peut faire un malheureux constat.
Il y a un si grand nombre de commentaires négatifs gratuits à l’égard d’autrui, probablement motivés par l’excuse que chacun a droit à son opinion.

Toutefois, n’oublions pas que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. C’est entièrement vrai qu’on peut s’exprimer librement comme on le souhaite, mais il faut penser que c’est un être humain qui est en jeu, qui a le droit d’être librement lui-même.

On est de plus en plus une société qui accepte la différence, mais quand quelque chose n’est pas à notre goût, nous sommes les premiers à exprimer notre désaccord et pas nécessairement avec les mots les plus gentils. On se dirige vers une société tranchante.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est de l’égoïsme, mais quand on y pense, c’est un peu plus penser à soi-même qu’aux autres de dire des choses qui peuvent blesser des gens, qu’on ait raison ou non.

Il faut se rappeler aussi qu’on ne sait jamais vraiment tout. L’arrière-plan. La raison derrière.
Donner le bénéfice du doute, c’est encore quelque chose qu’on peut choisir.

Les proverbes sont une formule présentant des caractères formels stables, souvent figurée, qui exprime une vérité tirée de l’expérience ou un conseil de sagesse pratique.
Ils sont là pour nous enseigner et nous dire ce qui est le mieux.
Je crois que l’expression suivante doit être remise en lumière :
Tournons notre langue sept fois avant de parler.
De nos jours, nous pourrions dire : tournons nos doigts sept fois avec d’écrire quoi que ce soit.
Il faut réfléchir avant de parler, il faut réfléchir minutieusement avant de s’exprimer.

C’est une chose de penser, c’en est une autre de communiquer.

En terminant, je tiens à dire que les commentaires constructifs sont d’une importance capitale. Ils permettent l’évolution pour une amélioration.
Toutefois, ça dépend du moment, du comment et de notre relation avec le répondant.

On sait maintenant à quel point un virus peut se propager rapidement. Est-ce qu’on pourrait en propager un nouveau ? Celui de l’amour, du respect et de l’acceptation ?

Marilou Savard

Le prix de la liberté (ou : Mais pourquoi donc travailler?) – Texte : Nathalie Courcy

Pourquoi, donc, mon ado adorée, faudrait-il que tu travailles ? P

Pourquoi, donc, mon ado adorée, faudrait-il que tu travailles ? Pas nécessaire, t’sais ! Tu es logée, nourrie, habillée, transportée, éduquée. Tu as même des REEE engrangés pour payer tes prochaines années d’études, don généreux de tes parents si aimants (et si parfaits… awèye, avoue !) Qu’est-ce qui pourrait bien te motiver à utiliser tes précieux temps libres pour travailler au salaire minimum et te faire possiblement suer à répondre à la caisse à des clients pas tout le temps fins-fins ?

Tu as un bon point. Mais moi j’en ai sept ! Pis 7, ben, c’est un chiffre parfait. Faque, j’ai raison.

  1. Tu as le goût de t’acheter (cocher les cases appropriées):

a) Des bonbons trop sucrés, pas full recommandés par ton dentiste et ta mère grano.

b) Des vêtements à la mode qui coûtent un bras pis la peau des deux.

c) Du maquillage, de la teinture, tout ce qui ne rentre pas officiellement dans la catégorie « Essentiels de l’hygiène corporelle ou mentale ».

d) Un voyage quelque part (ça c’est cool, parce que la pandémie te donne plus de temps pour économiser !)

e) Un ordinateur ou une machine à coudre ou un char ou… n’importe quelle bébelle électrique ou à moteur qui ne fait pas partie du budget familial.

   2. Tu as des ambitions d’études, de carrière ou de vie qui t’amèneront (trop vite à mon goût) à vivre loin du cocon familial. Je veux bien t’aider, mais je ne suis pas prête à payer deux hypothèques pendant vingt ans.

   3. Ton vécu dans la famille et à l’école t’a permis de prendre beaucoup de maturité et d’autonomie depuis près de 18 ans. Mais là, c’est le temps de passer au niveau suivant d’un jeu nommé Reality Check. Ça se joue comme Mario Bross, sauf que les pièces de monnaie ne s’attrapent pas en faisant des acrobaties dans les airs (et tu ne peux pas t’amuser à perdre des vies… tu tomberais direct Game Over si tu sautais dans le vide, faque essaye pas). Et je te jure que quand tu TE trouveras, tu crieras VICTOIRE ben plus fort que quand Mario trouve la princesse.

   4. Je me doute que ton but dans la vie n’est pas de passer des codes-barres au-dessus d’une machine qui fait des BIP stridents mille fois par jour ou de faire des crèmes glacées enrobées dans le chocolat à l’érable version cabane à sucre saupoudré de sparkles Il n’y a pas de sots métiers, c’est ce que ma prof d’Éducation au Choix de Carrière (ECC, pour les vieux de ma trempe) disait, et je suis d’accord. Mais je te connais, tu as une vision plus… visionnaire ? Pendant que tu fais tes heures, un, tu ne te mets pas dans le trouble (dans une ancienne vie dans la capitale québécoise, on disait que le travail et les cadets sortaient les jeunes du Carré d’Youville et les empêchaient de devenir des poteux… dire que maintenant, c’est légal !!) et deux, tu apprends. Mais ma foi du bon Dieu, qu’est-ce que tu apprends donc ? Deux ou trois notions pertinentes, du genre la politesse, l’effort, la ponctualité, l’esprit d’équipe, l’adaptation aux imprévus, le respect, la valeur des choses et du temps, l’organisation. Et plein d’autres belles valeurs quétaines dont tu découvriras l’importance à un âge vénérable comme le mien.

   5. Que dire des lignes que tu ajoutes dans ton CV ! À 16 ans, on peut se permettre de n’avoir que des expériences de gardiennage et de bénévolat dans son CV. Mais à 26, c’est moins hot. Ça prend des références. Ça prend des compétences en plus des diplômes. Ça prend des preuves que tu peux être une bonne employée, ou une bonne employeuse. Ou une bonne ce que tu voudras être. Ça prend aussi de l’expérience d’entretien d’embauche, parce qu’entre toi et moi, se présenter en entrevue peut être aussi agréable que d’essayer des maillots de bain dans une boutique où tous les miroirs sont en dehors des cabines d’essayage.

   6. Et puis oui, ça prend de l’argent. Mauvaise nouvelle, hein ! Les choses ont un prix. Je ne veux pas t’écœurer, mais la vie coûte cher, même pour ceux qui font du 0 déchet minimaliste tirant sur la simplicité volontaire. C’est en gérant ton propre budget que tu apprendras que le montant qui sort de ton compte doit toujours être moins élevé que ce qui y entre. Maths de base, 1reannée du primaire. Avec le temps, tu continueras à comprendre les mystères des taxes, des rabais, des factures et des T4, la joie de faire tes impôts et la nécessité de payer tes cartes de crédit avant la date limite.

   7. Un jour, tu verras dans ton compte le nombre magique que tu attendais depuis un bon bout. Celui dont tu rêvais, celui pour lequel tu travaillais si fort. Tu verras le montant qui te permettra de t’acheter ce qui te donnera encore plus l’impression d’être une jeune femme autonome. Ce sera à toi, comme aucun vêtement ni aucun objet que j’ai pu t’acheter depuis ta naissance. (Je me souviens encore de la radiocassette avec deux haut-parleurs intégrés que je m’étais achetée « dans le temps »… 130 beaux dollars bien économisés. Ihhhh ! Que je me sentais grande !) Cette journée-là, peut-être que tu seras reconnaissante que je t’aie un peu botté les fesses pour que tu te trouves un emploi.

Mais ma grande, j’y pense. Je t’ai souvent dit que nos enfants ne nous appartiennent pas et que la plus belle valeur que je peux vous transmettre, c’est la liberté. Mais pas n’importe laquelle. Une liberté responsable et assumée. L’argent n’achète pas tout, bien sûr. Mais l’argent bien géré aide à atteindre ce type de liberté. Et c’est ce que je te souhaite.

P.S. Tu te souviens, hein, de ce qui est écrit en mini caractères dans notre contrat mère-fille ? Quand tu seras riche, tu m’amèneras faire un tour de machine au soleil et tu me payeras la crème glacée. Je vais prendre celle aux mangues avec enrobage de chocolat blanc. S’il te plaît.

Nathalie Courcy

Rectifications d’une nouvelle génération

Quand nous étions enfants, nos parents nous répétaient sans cesse les ph

Quand nous étions enfants, nos parents nous répétaient sans cesse les phrases clés de la réussite. Comme si à l’époque, il n’existait qu’une seule formule pour réussir dans la vie. Je sais que quelques parents sortaient déjà du lot, mais il fut un temps où la majorité des parents souhaitaient ce chemin tout tracé pour leurs enfants. Aujourd’hui, j’ai envie de comparer… Alors voici le Top 5 des phrases que ma génération s’est fait répéter toute son enfance, et en contrepartie, ce que je dis aujourd’hui à mes propres enfants, trente ans plus tard.

1- « Tu vas te marier avec ton prince charmant. Et quand tu seras mariée, tu auras le droit de faire l’amour. »

Notre génération est celle qui a le plus rêvé à ce fameux prince charmant… Et tellement de ces petites filles ont été déçues en vieillissant! Aujourd’hui, je répète à mes filles qu’elles pourront choisir la personne avec qui elles ont envie de partager chaque journée de leur vie. La seule condition, c’est que la personne choisie les respecte et les rende heureuses.

Je m’en fiche que ce soit une fille ou un garçon. Je m’en fiche qu’il/elle soit riche comme un prince, ou vive une vie plus modeste. Je m’en fiche de savoir d’où il/elle vient et qui sont ses parents. Si cette personne fait ton bonheur, alors partage ta vie avec elle. Et pour le sexe… Je te souhaite surtout de ne pas être vierge quand et si tu te marieras. Parce que pour choisir la personne qui te convient, il faut savoir ce que tu veux et ce que tu aimes. Partager sa vie avec une personne qui connaît notre corps par cœur et avec qui ça clique physiquement, ça vaut de l’or.

2- « Si tu as plus de 80 % de moyenne générale, tu auras une grosse récompense. »

Notre génération aura été de loin celle qui vit aujourd’hui avec une méga anxiété de performance. On veut tellement être parfaits partout et réussir dans tout. Aujourd’hui, à chaque bulletin reçu, je m’assois avec mon enfant pour discuter avant même d’ouvrir le bulletin. Tu as fait de ton mieux? Tu as relevé des défis? Tu as fait de gros efforts? Tu as appris? Oui, alors c’est tout ce qui compte. Je m’en fiche de connaître les chiffres écrits sur ce bout de papier. Ça ne détermine pas qui tu es. Ça ne déterminera jamais combien tu vaux.

Tu as le droit de détester une matière. Tu as le devoir de faire de ton mieux. Tu as le devoir d’apprendre. Pour le reste, tout est relatif. J’ai toujours eu plus de 80 % de moyenne, sans étudier et sans faire de devoirs. Je ne suis pas plus intelligente ni plus riche aujourd’hui que les autres. Je n’ai jamais eu le sentiment de mériter ces méritas. Ma collègue qui étudiait tous les soirs, qui noircissait de notes ses feuilles en classe, qui mettait les bouchées doubles dans chaque matière, et qui finissait avec 65 % de moyenne générale, a toujours mérité toute mon admiration. Elle a beaucoup plus de mérite que je n’en aurai jamais. Et au final, on a fini avec le même diplôme en poche. Alors non, je ne regarde pas les bulletins de mes enfants, tant qu’ils sont en réussite. Et non, je ne les récompense pas en fonction d’un chiffre écrit sur un examen. Quelle ironie du sort pour une enseignante, non?

3- « Tu dois aller à l’université pour réussir dans la vie. »

Nos parents ont tout donné pour que nous puissions étudier à l’université. La plupart d’entre nous sont les premiers à avoir obtenu un diplôme universitaire dans leurs familles respectives. Sommes-nous plus heureux? Non. Sommes-nous plus riches? Encore moins. Alors oui, je répète à mes enfants qu’il existe des milliers de possibilités pour eux. Peut-être que l’un de mes enfants va choisir de faire un DEP. Peut-être que l’un de mes enfants va aller à l’université. Peut-être que l’un de mes enfants va changer trois fois de branche au cégep. Peut-être que l’un de mes enfants va se contenter d’un DES, aller voyager et finira par travailler sur un bateau de pêche dans les Antilles. Il n’y a pas de recette parfaite. Il n’y a pas de chemin à suivre. Et l’université n’est pas garante de bonheur si tu finis par décrocher un travail qui te rend malheureux. La vie est simple. Tu es heureux? Oui, alors continue. Non? Alors, cherche ta voie.

4- « Qu’est-ce que tu veux faire dans la vie? Combien d’enfants auras-tu plus tard? »

Je n’ai jamais compris pourquoi les adultes posaient ce genre de question aux enfants dès qu’ils sont en mesure de parler… Mon enfant, vis ta vie d’enfant. Profite de ton enfance. La vie s’occupera de mettre sur ton chemin tout ce qu’il te faudra pour décider. Tu n’as pas à te casser la tête avec ça. Tu n’as pas à décider de ton métier futur à 4 ans ni à 12 ans.

Tu n’as pas à choisir parmi les 5-6 métiers que tu connais à peine déjà. La vie te montrera qu’il existe autant de métiers qu’il existe de personnes sur Terre… Ne choisis pas maintenant et ne choisis pas avec ta tête. Laisse la vie te porter et ton cœur saura faire les bons choix. Tu n’as pas à décider à 10 ans si tu veux avoir des enfants et combien tu en veux. Il ne sert à rien de faire ces plans alors qu’il peut encore se passer mille choses avant que tu ne sois rendu là… Et sache que la vie est imprévisible et surprenante, mais elle sait ce qu’elle fait.

5- « Inscris-toi en Sciences/Sports/Piano/,etc. Ça t’ouvrira plein de portes plus tard! »

Quelles portes? À quoi ça sert d’ouvrir des portes si ce ne sont pas les bonnes pour toi? À quoi ça te servira de bûcher pendant des heures sur des cours enrichis en chimie ou en physique si tu décides de devenir policier? À quoi ça te servira de savoir jouer du piano si tu choisis plus tard de devenir biologiste? Je pourrais continuer de citer des exemples pendant des heures, mais vous avez saisi le concept. Ouvrir plus de portes ne mènera pas au bonheur. Cher enfant, ouvre tes portes. Cherche, débarre une porte et bifurque vers une autre. C’est correct de tracer sa propre voie.

Je sais que comme parents, « on veut ce qu’il y a de meilleur pour nos enfants ». Mais ce qu’il y a de meilleur pour eux, c’est justement à eux de nous le montrer. Le système qui nous a éduqués avait de grandes lacunes. J’espère que nos enfants poseront plus de questions. J’espère que nos enfants briseront les moules établis et feront évoluer ce système. J’espère qu’ils deviendront des adultes épanouis, heureux, et surtout, libres.

Joanie Fournier



La réouverture des écoles

Comme beaucoup de parents, nous attendons tous avec impatience les mesures

Comme beaucoup de parents, nous attendons tous avec impatience les mesures annonçant le déconfinement. Nous scrutons les paroles de notre premier ministre et on voit les foules se soulever dès qu’il est question de rouvrir nos écoles…

Le 22 avril, François Legault a annoncé qu’il présenterait sous peu un plan de réouverture des écoles et des entreprises par région. L’idée principale est de relancer d’abord les régions les moins touchées par la maladie et celles où la situation est stable actuellement. Il a spécifié que les parents qui ne souhaitent pas envoyer leurs enfants en classe n’y seront pas obligés.

Et déjà, face à la possibilité de laisser ce choix aux parents, j’espère sincèrement que ce choix sera éclairé, assumé et surtout, respecté. Je voudrais penser que tous les parents, peu importe le choix qu’ils feront, sauront respecter le choix des autres parents. Et disons qu’en temps normal, la parentalité de nos jours ne se fait pas toujours dans le respect de la différence… J’espère vraiment que cette pandémie aura appris aux parents à ne pas juger le choix des autres.

Alors voilà : peut-être que tu feras le choix d’envoyer tes enfants à l’école. Parce que tu dois aller travailler. Parce que tu as envie que tes enfants retournent à l’école pour apprendre et socialiser. Parce qu’il n’y a personne qui a une santé à risque chez vous. Parce que tu te sens à bout et que tu as besoin d’un break. Parce que tu ne te sens pas à l’aise d’enseigner à la maison. Parce que tes enfants ont envie d’y retourner. Je te dis : Let’s go! Envoie-les à l’école. C’est juste bien correct.

Alors voilà : peut-être que tu feras le choix de garder tes enfants chez toi. Parce que tu peux travailler de la maison ou que tu es déjà en congé. Parce que des gens ont une santé fragile chez toi. Parce que tu aimes ça rester en famille en confinement. Parce que tes enfants trippent à faire l’école à la maison. Parce que tu as peur des risques du déconfinement. Je te dis : Let’s go! Garde-les chez toi. C’est juste bien correct.

Alors voilà : peut-être que tu te sens bien perdu là-dedans. Peut-être que tu trouves que c’est une très grande responsabilité de devoir faire ce choix. Peut-être que tu as besoin d’y réfléchir encore. Peut-être que tu attends de voir ce que les autres vont faire autour de toi. Peut-être que tu as envie de tirer à pile ou face. Peut-être que tu vas laisser tes enfants prendre cette décision. Je te dis : Let’s go! Tu as le droit de te sentir perdu aussi, c’est juste bien correct.

Mon seul souhait, c’est que les parents prendront leur propre décision, sans juger celle des autres. Chaque parent fait de son mieux en ce moment. Et chaque parent prendra la bonne décision pour lui, pour sa famille, peu importe ce qu’il choisit de faire. Respect. Le but, ce n’est pas de se juger entre nous et encore moins de se sentir coupables de faire ce choix.

De plus, ça prend des parents qui feront les deux choix ! On a besoin de parents qui enverront leurs enfants à l’école. Parce que grâce à eux, l’économie pourra reprendre et cela permettra d’augmenter notre immunité collective. On a aussi besoin de parents qui garderont leurs enfants à la maison jusqu’en septembre. Parce que grâce à eux, nous pourrons échelonner les cas plus graves et éviter d’engorger les hôpitaux. Grâce aux choix de ces parents, nous pourrons échelonner la contamination et du coup, permettre à la société entière de mieux combattre cette cochonnerie.

Alors, encore une fois, peu importe ton choix, rappelle-toi que celui du voisin est tout aussi valable que le tien, malgré sa différence.

Joanie Fournier


Nos enfants feront mieux que nous…

Ce matin, ma fille de quatre ans vient se blottir contre moi. Elle a

Ce matin, ma fille de quatre ans vient se blottir contre moi. Elle a une petite larme à l’œil et me dit, comme pour se confesser : « Maman… Moi, je ne veux pas me marier… ». Ce n’est pas tant la confidence qui m’a touchée, que la culpabilité évidente qu’elle ressentait… Je lui ai répondu tout bonnement qu’elle ne serait jamais obligée de se marier si elle n’en avait pas envie. Je lui ai dit qu’elle avait absolument le droit de ne pas vouloir se marier plus tard. Elle m’a alors expliqué sa logique : « Mais toi, maman… tu t’es mariée! ».

Mon cœur, je me suis mariée parce que j’en ai eu envie, parce que j’étais amoureuse et que c’était important à ce moment-là. Je ne te demanderai jamais de faire comme moi. En fait, je te demande de faire tout en ton pouvoir pour être heureuse, et surtout pas pour imiter mes choix de vies. J’ai l’impression que c’est ce qu’il y a de plus beau dans la génération qui nous suivra… Ils auront réellement le choix.

Notre génération a été marquée par la compétitivité, par l’anxiété de performance, par le désir de vouloir toujours faire mieux que le voisin. On nous a appris à dépasser nos limites, pas à les écouter. On nous a appris à faire l’étalage de nos qualités et de nos bons coups, mais surtout à taire nos côtés les plus sombres. On nous a appris à nous montrer parfaits, jamais vulnérables.

Puis, la société a commencé à changer… On prône aujourd’hui l’acceptation des différences. On encourage ceux qui ont des difficultés à les accepter, à les montrer et à persévérer. On demande à nos enfants d’être ce qu’ils sont et de suivre leurs propres chemins. On leur apprend à être heureux, pas à être meilleurs.

Ils auront réellement le choix. Le choix d’évoluer, d’étudier, de voyager, de côtoyer, d’essayer, de tomber, d’apprendre de la vie. Je souhaite à mes enfants d’être heureux. Peu importe comment. J’espère qu’ils ne feront pas comme moi, juste pour faire comme moi. Imiter la génération précédente aveuglément est pour moi la preuve même de l’ignorance. Je veux mettre au monde de futurs penseurs, de futurs philosophes et par le fait même, de futurs épicuriens. Je veux mourir en sachant qu’ils auront fait mieux que nous.

Je veux que nos enfants se voient à travers des photos réelles et sans retouches. Parce qu’ils verront la vie telle qu’elle est et non pas telle qu’elle devrait être.

Je veux que nos enfants parlent de leurs sentiments, de leurs joies et de leurs peines. Parce que je veux qu’ils aient le droit de les ressentir, sans se juger eux-mêmes.

Je veux que nos enfants siègent au parlement en coton ouaté. Parce que je veux qu’ils sachent que ce qu’ils pensent a plus d’importance que ce qu’ils portent.

Je veux que nos enfants soignent les autres, sans rien attendre en retour. Parce que je veux qu’ils pensent au bien de la société avant celui de leur portefeuille.

Je veux que nos enfants enseignent la passion et l’humanité avant toutes les autres matières. Parce qu’ils seront alors aussi passionnés qu’intelligents.

Je veux que nos enfants accueillent l’humanité dans le besoin et ouvrent leurs portes sans jugement. Parce qu’ils vivront dans des petites maisons remplies d’amour et de souvenirs, et non pas dans de grandes maisons belles sur Instagram mais vides de sens…

Je veux que nos enfants fassent mieux que nous. Parce qu’ils seront heureux, peu importe comment.

Joanie Fournier

 

Le risque chez les enfants… ou comment entourer nos enfants de papier bulle

J’avoue, j’ai fait partie de la gang! Celle qui met un petit 

J’avoue, j’ai fait partie de la gang! Celle qui met un petit Robocop sur son vélo tellement il est protégé. Je ne parle pas de l’essentiel, le casque. Mais bien de tout ce que l’on a ajouté avec le temps, les protège-coudes, genoux, poignets et compagnie. Nous, parents, n’avons jamais été aussi protecteurs de nos enfants. On veut leur éviter toutes les blessures, tous les échecs, tous les pleurs. On veut les protéger de tout.

Je me souviens, lorsque j’ai appris à faire du vélo à deux roues. Mon père, a enlevé les petites roues, a mis mon vélo direct dans la rue, a couru derrière moi genre deux secondes et demie. C’est là qu’il m’a dit : « Regarde en avant, pis pédale parce que sinon tu vas tomber ». Naturellement, je suis tombée, j’ai eu le genou écorché, mais j’ai survécu. Et la fois d’après, j’ai pédalé et regardé en avant.

Et après, on s’étonne que nos enfants ne jouent plus dehors. On s’étonne que leur tablette soit devenue si importante. On leur a enlevé tout le plaisir, en voulant les protéger.

Pourtant, la prise de risques est saine pour nos enfants. Nos enfants sont intelligents, ils ne veulent pas se faire mal. En les laissant prendre des risques, on leur enseigne à écouter leur sixième sens. Ils ne se lanceront pas dans une aventure sans être capables de la réaliser.

Ils apprendront de leurs expériences passées. Ils s’en serviront pour réaliser des mouvements plus complexes. Ils auront créé dans leur cerveau des connexions qui leur serviront. Leur cerveau et leur corps deviendront plus compétents pour relever de nouveaux défis à la hauteur de leurs compétences.

C’est dans la prise de risques qu’ils apprendront à tester leurs limites, qu’ils apprendront à connaître leurs capacités et à développer leur confiance.

Pour un enfant, le risque égale défi que l’enfant, si on le laisse faire, choisira de relever ou non.

Laissons nos enfants jouer librement. Ils inventeront, choisiront et organiseront leur jeu à leur façon. Ils apprendront à se connaître en choisissant à quoi et avec qui ils jouent. Ils seront plus actifs.

Étouffons la mère poule en nous, prête à crier « NON! », « Tu vas te faire mal », « Ne grimpe pas là », « C’est trop haut pour sauter! ».

Oui, il y aura sûrement des bleus, du sang, des pleurs, mais aussi tellement d’apprentissages qui serviront à nos enfants dans le futur.

Laissons-les partir à l’aventure!

On s’en est tous sortis vivant après tout!

Mélanie Paradis

 

Mes enfants jouent dans la bouette!

Je ne sais pas pour toi, mais quand je me remémore mes souvenirs d

Je ne sais pas pour toi, mais quand je me remémore mes souvenirs d’enfance, je suis souvent sale et j’ai du gros fun. Je construis des cabanes dans le bois avec mes cousins. Je me cache en grimpant dans un arbre lors de nos parties de cache-cache. Et je te garantis que mes parents étaient au courant et nous laissaient faire, en gardant un œil sur nous entre deux gorgées de café. J’en ai des tonnes des souvenirs comme ça et j’en remercie mes parents chaque jour.

Et là, je regarde mes filles, je me demande si je leur laisse la chance de créer des souvenirs comme ceux-là. Quand j’essaie en les laissant chasser les grenouilles dans le ruisseau derrière chez nous, je vois dans le regard des voisins le jugement. « Yark, c’est dégueu, elles vont avoir plein de verrues »; « Tu as pas peur qu’elles tombent dans le ruisseau? ».

Des commentaires comme ceux-là, j’en reçois à la tonne. Et j’ai envie de leur répondre : « Hey! J’ai jamais attrapé de verrues à attraper des grenouilles » ; « Y a à peine dix centimètres d’eau dans le ruisseau. Si elles tombent, le pire qui peut arriver, c’est qu’elles soient mouillées. »

À quel moment entre mon enfance et celle de mes filles, nous avons mis les enfants dans de bulles de verre? Pourquoi nous les amenons au parc, avec des modules de jeux qui laissent peu de place à l’imagination? Et si par malheur, ils grimpent dans leur vaisseau spatial par la glissade, nous les avertissons de ne pas faire ça, que c’est dangereux.

Nous voyons du risque partout et nous voulons les protéger de tous les risques. Pourtant, j’ai appris tellement de choses dans mon enfance. Je suis restée prise dans l’arbre parce que j’ai monté trop haut. J’ai appris que j’avais dépassé ma limite. Je me suis sentie valorisée lorsque mon père m’a permis d’utiliser son marteau pour construire ma cabane, il avait confiance en moi. J’ai utilisé ma créativité et mon imagination pour faire des recettes de gâteaux de bouette, gazon, pissenlit et j’en passe.

Bien sûr, je suis rentrée à la maison les souliers détrempés parce que je n’avais pas réussi à sauter par-dessus le ruisseau. J’ai eu le pouce bleu parce que j’ai passé à côté du clou. J’ai eu les genoux en sang parce que notre jump de vélo n’a pas tenu le coup. Ma mère m’a même lavée au boyau d’arrosage avec mes vêtements parce que nous avions eu la bonne idée de nous lancer de la bouette.

Il faut dire que nous étions très loin de l’importance du paraître d’aujourd’hui. Je ne portais pas un polo de marque à 150 $ ou des espadrilles à 300 $. Je portais un ensemble jogging fait par la couturière du village et des souliers pris dans un magasin grande surface. Que je sois sale, mouillée, que j’aie scrappé le genou de mon pantalon, ce n’était pas si grave.

Tu sais quoi? Je suis toujours là et j’ai la tête remplie de méchants beaux souvenirs!

Et oui! Mes filles vont jouer dans la bouette et se créer des millions de beaux moments.

Mélanie Paradis

 

Le ministre de l’Éducation dérape, les familles du Québec écopent

Nous aurions pu croire que notre nouveau ministre de l’Éducation,

Nous aurions pu croire que notre nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, choisirait d’utiliser l’argent des contribuables pour optimiser notre système d’éducation, mais non! Il préfère plutôt s’acharner sur les familles qui se retirent du système. Comment? En modifiant drastiquement un règlement sur l’enseignement à la maison qui venait tout juste d’être adopté à l’Assemblée nationale en juin dernier. En orchestrant une attaque en règle contre la liberté éducative. Il ne s’agit pas ici d’un combat entre parents-éducateurs et intervenants en éducation mais plutôt d’une cause commune : le bien-être des enfants.

Pourquoi ne pas avoir attendu les résultats de cette année de transition avant de tenter d’imposer une marche à suivre encore plus restrictive? Une cinquantaine d’études se sont penchées sur les apprentissages en famille. Dans l’ensemble, elles ne confirment aucune inquiétude sur le développement socioaffectif des enfants scolarisés à domicile, leurs performances académiques ou leur intégration sociale à l’âge adulte (voir L’école à la maison au Québec : un projet familial, social et démocratique de Christine Brabant). Les parents font aussi bien que l’école, sinon mieux. Alors, pourquoi ignorer les recommandations de souplesse de la protectrice du citoyen?

L’équipe de Ma Famille Mon Chaos compte deux collaboratrices qui font l’école à la maison : Elisabethe & Elizabeth (si vous voulez une fille rebelle, vous savez comment l’appeler!). Nous avons uni nos plumes aujourd’hui pour répondre à la fameuse question : si vous offrez réellement une éducation de qualité à vos enfants, qu’est-ce que ça peut bien faire qu’on vous oblige à suivre la progression du programme québécois et la passation des examens ministériels?

Simplement? Ça nous empêche de faire de notre mieux. Nous avons la chance de pouvoir offrir une éducation sur mesure. Expérimenter une variété de programmes et choisir ceux qui répondent le mieux aux forces et aux faiblesses de nos enfants. S’adapter aux occasions du quotidien plutôt que d’imposer une scolarité rigide et déconnectée de notre réalité. Consacrer temps et énergie aux apprentissages, sans perdre une minute avec des examens. De nombreux enseignants se lèvent eux-mêmes pour dénoncer le fait que les examens ne représentent pas adéquatement l’expérience éducative vécue en classe. Alors, pourquoi accepter l’imposition d’une mesure dénoncée à l’intérieur même du système scolaire? Nous pouvons comprendre qu’un enseignant utilise un examen pour prendre le pouls de sa classe, mais un parent-éducateur qui guide son enfant, en un à un, n’a pas besoin d’examen. La diversité des méthodes est une richesse à protéger!

Vous êtes les premiers à admirer les profs innovateurs et stimulants. Ceux qui s’informent des dernières découvertes en éducation, bâtissent une relation de confiance avec leurs élèves et leur offrent des projets stimulants… Hé bien, c’est ce que nous voulons vivre avec nos enfants et ça nécessite de la flexibilité. Si un voyage, un spectacle, un événement, une exposition, une lecture ou une rencontre allume une étincelle de curiosité chez Marius, Iris, Astrid ou Hadrien, maman Elisabethe voudra profiter de leur motivation. Il est donc possible que l’ordre et le rythme des apprentissages diffèrent par rapport à une classe typique.

L’aîné d’Elizabeth, Emerick (11 ans), résume ainsi la problématique : « Le ministre se présente comme un sauveur qui veut aider les enfants qui se retrouvent dans les écoles religieuses illégales, mais sa solution pénalise les enfants qui font l’école à la maison. Ce n’est pas la bonne solution. C’est un peu comme Thanos (personnage du film Avengers: Infinity War) qui veut sauver l’Univers mais qui utilise une terrible solution. » Bon, c’est un peu intense comme comparaison, mais vous comprenez l’idée!

Donnez-nous la chance de suivre les meilleures pratiques proposées par le Conseil supérieur de l’éducation et d’expérimenter le règlement actuel. Au lieu de nous imposer des examens, laissez-nous démontrer la progression des apprentissages de nos enfants par portfolio (méthode que les experts, les chercheurs et plusieurs écoles alternatives considèrent comme plus efficace) dans les matières de base (langue française, langue seconde, mathématique, science et technologie, arts, développement de la personne et univers social).

Maintenant, nous avons besoin de votre aide. Vous croyez que ça ne vous concerne pas? Pourtant, nous ne connaissons pas un seul Québécois qui laisserait bafouer les droits et libertés de ses concitoyens sans protester. Nous sommes vos voisins, vos amis, vos collègues ou des membres de votre famille. Nous avons besoin de votre ouverture et de votre soutien. Alexandre (8 ans) vous lance un candide appel à la solidarité et la justice : « Si tous s’unissent, nous pourrons y arriver. Les parents, les enfants, tous peuvent participer. »

Comment nous soutenir? Écrivez à votre député pour lui dire que la liberté éducative compte pour vous et que vous vous opposez fortement au projet de règlement qui viendrait modifier le règlement sur l’enseignement à la maison.

Pour trouver votre député, il suffit d’entrer votre code postal dans la boîte Mots-clés. Vous aurez facilement accès au nom de votre député et à ses informations de contact.

Merci!

Si vous voulez en apprendre plus sur l’expérience d’Elizabeth qui vit l’éducation à domicile au quotidien depuis quatre ans, nous vous invitons à lire ses articles déjà publiés :

Choisir l’enseignement à la maison :

Mes enfants ne vont plus à l’école

Avoir confiance en ses compétences de parent-éducateur :

Et si on sautait la maternelle?

La légalité de l’enseignement à la maison :

Sortir du rang

La richesse de notre aventure d’école à la maison :

Les apprentissages en famille (ressources pour le premier cycle du primaire)

Elizabeth Gobeil Tremblay

& Elisabethe Boucher

 

Sois qui tu as envie d’être, mon enfant

De prime à bord, je n’aime pas dire à mes enfants qu’ils ont l

De prime à bord, je n’aime pas dire à mes enfants qu’ils ont le droit d’être différents, car pour moi, chaque personne est unique et a sa personnalité. Quand nous partons de ce principe, il est facile d’accepter nos enfants tels qu’ils sont. Nous n’avons pas à les comparer aux voisins, à l’enfant qui réussit dans tout à l’école ou au petit sportif qui cumule toutes les médailles.

Évidemment, pour certains, on remarque une identité plus marquée, que ce soit au niveau physique ou psychologique. J’ai trois garçons et je ne souffre aucunement du fait de ne pas avoir eu de filles. Mes enfants ont toujours pu commander des poupées et des toutous à paillettes par exemple. Petits, ils se sont déguisés en princesses et ont été accroc à Ballerina et à la Reine des neiges. Ils ont été libres d’être qui ils voulaient, d’interpréter le rôle qu’ils avaient envie. Ils savent déjà que ce sera toujours permis de suivre leurs envies, malgré les messages que la société peut envoyer.

Le jugement

Je sourcille atrocement lorsque j’entends des gens crier au scandale lorsque nous parlons d’une réalité maintenant plus médiatisée, et avec raison : la dysphorie de genre. Des adultes s’exclament que c’est une mode inquiétante. Une mode ?

Je crois que si nous pouvions nous mettre dans la peau d’une seule de ces personnes, seulement quelques semaines, nous pourrions mieux comprendre leur détresse. Je ne suis pas une spécialiste en la matière, mais je sais que ces changements ont une incidence majeure dans la vie de ces enfants touchés et dans celle de leur entourage. On est loin d’une bulle au cerveau quand on est prêt à accepter une multitude de chirurgies, de la médication et de l’intimidation à outrance par manque d’ouverture d’esprit. Ne croyez-vous pas que ces enfants préfèreraient jouer dehors avec leurs amis plutôt que de côtoyer spécialiste par-dessus spécialiste pour enfin réussir à s’affirmer et devenir qui ils sont vraiment ?

Le plus étonnant dans tout ça, c’est que les jugements viennent des adultes. On lapide sur la place publique des gens qui démontrent beaucoup plus de courage que ceux derrière leur écran. Vous savez, vos enfants apprennent de vous. Ils ont une résilience étonnante, tant et aussi longtemps que vous ne leur enseignez pas le contraire.

Aussi banal que des cheveux

Un de mes garçons a les cheveux longs. Dans ma tête de maman, des cheveux, c’est banal, mais en même temps très important. C’est une partie de l’identité d’une personne. Du haut de ses six ans et de son propre gré, il a refusé d’aller chez la coiffeuse. J’ai accepté. Je ne le poserai pas de force sur une chaise s’il n’en a pas envie. Aucun stress, ce sont des cheveux, ils vont tout simplement continuer à pousser. Quand il sera prêt, on ira. Aujourd’hui, deux ans plus tard, la tignasse est bel et bien définie. Il ne vit aucune intimidation de la part de ses camarades, petit bun sur la tête, queue de cheval ou cheveux à l’air libre.

Là où ça se gâte, c’est dans les lieux publics. Pourquoi ? Parce que des adultes de tous âges se permettent des commentaires dégradants. On a beau répondre poliment, mais les gens en rajoutent. Une fille est-elle « moins » fille si elle a les cheveux courts ? Non. Une fille peut dégager autant de féminité avec des cheveux courts. Pareillement pour un garçon. Un gars n’est pas moins gars parce qu’il a les cheveux longs.

Dernièrement, une dame d’une quarantaine d’années a crié à mon fils de huit ans, disons‑le : « Tes parents ne t’ont jamais appris qu’un vrai gars a les cheveux rasés ? Il serait peut-être temps qu’ils te le disent parce que c’est vraiment laid tes cheveux et tu as l’air d’une fille. » Mon fils m’a lancé un regard et m’a dit : « Maman, elle est bien bizarre, ce sont mes cheveux, pas les siens. » Quand je disais plus haut dans mon texte que les enfants sont plus résilients que bien des adultes… Malgré tout, je sais que cette dame a réussi à blesser mon fils et à créer un doute dans sa tête.

 

Souviens-toi

Tu as le droit de ne pas aimer. Tu as le droit de ne pas consentir. Tu as le droit à ton opinion. Tu as aussi le droit de la garder pour toi afin de ne pas nuire à l’émancipation de ces enfants‑là. Évite de semer un petit doute dans leur esprit. Tu ne sais pas ce que ces enfants vivent. Dans un an, lorsque mon fils tiendra son chèque pour Leucan pour le Défi Têtes rasées, j’ai hâte de voir ce que vous aurez à dire. Mon fils a une idée derrière la tête. Il a bon cœur et il est généreux. Il n’est pas mal élevé ni pouilleux comme vous l’avez perçu. Son cœur est clairement plus grand que le vôtre.

Si tous les gens se concentrent sur leur propre vie et acceptent les autres tels qu’ils sont, tout le monde s’en portera mieux. Gardez toujours ça en tête. Le monde sera plus beau et plus en santé.

Maggy Dupuis

 

La famille, c’est sacré-ment lourd parfois!

Vous sav

Vous savez, nous naissons parmi des gens que nous n’avons pas choisis. Parfois, c’est pour le mieux et d’autres fois, c’est pour le pire. Il y a ces obligations que l’on s’impose bien souvent parce que « la famille, c’est sacrée ». Mais j’ai comme principe dans la vie que la liberté des uns se termine là où la liberté des autres commence.

 

Être de la même famille n’excuse pas tout. Au CONTRAIRE… car la famille devrait être composée de gens qui nous ont vus grandir, qui nous ont vus rire, pleurer et qui devraient nous connaître mieux que quiconque. Ils devraient être ceux qui acceptent nos défauts et élèvent nos qualités. Ils devraient nous aimer. INCONDITIONNELLEMENT. POINT!

J’entends, je lis des histoires de familles qui m’attristent bien souvent. J’ai moi-même quelques cicatrices incompréhensibles. Les actions de certaines personnes m’ont blessée profondément. Le pire, c’est ce vide qu’elles laissent derrière elles. J’ai moi-même pris certaines décisions, peut-être pas toujours les meilleures, mais celles que je CROYAIS justes. Surtout, ce sont des décisions qui m’ont beaucoup demandé, mais qui m’ont libérée d’un poids que je n’avais pas choisi.

 

Parfois, en coupant les ponts avec certains, nous nous coupons involontairement d’autres personnes qui nous manquent. Parfois, en retrouvant certaines personnes, d’autres ne l’acceptent pas. Il y a des sentiments de toutes parts. Des bons, des mauvais, des compréhensibles et des loufoques.

 

Nous ne choisissons pas notre famille, elle vient avec notre naissance. Mais nous avons bien d’autres choix au cours de notre vie : celui, par exemple, d’accepter ceci ou cela, ou de ne pas l’accepter.

 

Les obligations familiales ne sont pas toujours saines. Être de la même famille ne permet pas n’importe quoi au nom de la fratrie et des liens de sang. J’ai en moi des vides familiaux, certes. Certains ne se rempliront jamais. D’autres ont été causés par mes propres choix. J’apprends à vivre avec. J’ai choisi de ne pas laisser le venin m’envahir. Malgré certaines amertumes, je continue à penser et à constater que certaines coupures que j’ai faites sont pour le mieux.

 

Pour moi, pour mes enfants. Comment accepter d’être blessée par un membre de la famille pour ne pas couper mes enfants de gens qui ne me respectent pas? Quel message leur enseignerais-je en laissant ses gens, ceux qui devraient être si importants, me bafouer?

 

J’ai dit « Assez! »

 

Ma famille n’est pas toujours celle qui partage mon sang et mes gènes. Ma famille aujourd’hui est formée de personnes qui m’aiment comme je suis, avec tout ce que cela implique. Avec mes peurs, mes incertitudes, avec mes folies et mon caractère en temps normal exubérant. Avec mes opinions que j’essaie d’avoir ouvertes et respectueuses. Je ne réussis pas toujours. Je suis PARFAITEMENT IMPARFAITE.

 

Mais. Je ME suis choisie. Enfin.

 

Ma famille est formée de ceux qui atteignent mon cœur positivement et avec une réelle affection, sans obligations.

 

– Simplement Ghislaine